Externaliser son informatique ou recruter : ce qui décide vraiment
Les deux modèles fonctionnent. Ils ne cassent simplement pas au même endroit, et le bon critère n'est presque jamais le prix : c'est la fréquence des demandes qui exigent une présence physique.

Points clés
- Un poste interne casse sur la continuité : congés, maladie, départ, nuits et week-ends reposent sur une seule personne.
- Une infogérance casse sur la proximité : elle ne passe pas dans le couloir et ne connaît pas les gens le premier jour.
- Le nombre de salariés est un mauvais critère. La spécificité des applications métier et le besoin d'intervention physique en sont de bons.
- La troisième voie, l'infogérance partagée, résout la plupart des cas en gardant la personne en place.
Où chaque modèle casse-t-il ?
Le poste interne casse sur la continuité. L'infogérance casse sur la proximité. Tout le reste se négocie ; ces deux points-là tiennent à la nature des modèles et ne se corrigent pas.
Un salarié unique est un point de défaillance unique. Congés, arrêt maladie, départ, nuits, week-ends : chaque absence est une interruption de service, et l'entreprise s'en aperçoit toujours au pire moment. Un prestataire est par construction à distance d'une partie du quotidien : il ne voit pas ce qui se dit dans le couloir et ne connaît pas les habitudes maison avant plusieurs semaines.
La question utile devient donc : lequel de ces deux défauts votre activité supporte-t-elle le moins bien ? Une entreprise qui s'arrête si la production s'arrête ne supporte pas la discontinuité. Une entreprise avec un logiciel métier très particulier ne supporte pas l'éloignement.
Que couvre réellement chaque modèle ?
Un poste interne couvre les heures ouvrées et une palette de compétences. Une infogérance couvre en continu et mobilise plusieurs spécialités, mais par tickets et à distance.
| Informaticien interne | Infogérance | Les deux | |
|---|---|---|---|
| Couverture horaire | heures ouvrées | continue, astreinte incluse | continue |
| Continuité en cas d'absence | interrompue | assurée par l'équipe | assurée |
| Éventail de compétences | une personne, un profil | réseau, sécurité, cloud, licences | les deux |
| Connaissance du métier | forte | construite à l'audit | forte |
| Présence physique | immédiate | planifiée | immédiate |
| Montée en charge | recrutement | ligne de facture | immédiate |
| Structure de coût | fixe, quel que soit l'usage | proportionnelle à l'effectif | cumulée |
Comment comparer les coûts honnêtement ?
En additionnant tout ce que le poste coûte réellement, et pas seulement le salaire. C'est la comparaison que la plupart des entreprises font de travers, et toujours dans le même sens.
Du côté du recrutement, la ligne complète comprend :
- le salaire chargé, cotisations patronales incluses ;
- les congés et les arrêts, qu'il faudra bien couvrir d'une manière ou d'une autre ;
- la formation continue, dans un métier qui change tous les dix-huit mois ;
- les outils de supervision, de sauvegarde et de sécurité, qu'il faudra payer de toute façon et qui sont généralement inclus dans un contrat d'infogérance ;
- le recrutement lui-même, et le risque de se tromper de profil.
Du côté de l'infogérance, la ligne est plus simple à établir puisqu'elle figure au devis, à condition d'avoir vérifié qu'elle inclut bien les licences et que le support n'est pas plafonné.
Quand recruter est-il le bon choix ?
Trois situations où le recrutement est le bon choix, et où un prestataire honnête le dit à l'audit plutôt qu'au bout de six mois.
Des applications métier que personne ne connaît de l'extérieur
Un laboratoire avec un logiciel écrit sur mesure il y a quinze ans, un industriel dont les machines sont pilotées par des postes anciens : la connaissance est dans l'entreprise et ne s'externalise pas.
Un besoin d'intervention physique plusieurs fois par semaine
Quand la main sur le matériel fait partie du quotidien et non de l'exception, le déplacement planifié ne suffit plus.
Un volume d'utilisateurs élevé
Au-delà de la centaine, une équipe interne devient économiquement défendable, et le sujet se déplace vers le renfort ponctuel plutôt que vers l'externalisation complète.
Pourquoi la configuration mixte l'emporte souvent
Parce qu'elle prend le meilleur des deux et supprime le défaut de chacun. La personne en place garde la proximité et la connaissance métier, le prestataire prend la supervision permanente, la sécurité et l'astreinte.
C'est la configuration la plus fréquente en pratique, et pas seulement dans les entreprises qui ont un informaticien de métier. Le cas le plus courant en PME est quelqu'un du service administratif ou de la production qui a hérité de l'informatique parce qu'il s'en sortait mieux que les autres. Le modèle fonctionne aussi bien, et le soulagement est plus net.
Le détail du partage des rôles est traité dans notre page sur l'infogérance partagée.
Questions fréquentes
- À partir de combien de salariés faut-il un informaticien interne ?
- Il n'y a pas de seuil universel, et se fier au nombre de salariés est le plus court chemin vers une mauvaise décision. Ce qui compte est la fréquence des demandes qui exigent une présence physique et la spécificité des applications métier. Une entreprise de 30 personnes entièrement sur Microsoft 365 a moins besoin d'un poste interne qu'un atelier de 15 avec des machines-outils pilotées par ordinateur.
- Peut-on garder son informaticien et prendre une infogérance ?
- Oui, c'est l'infogérance partagée, et c'est souvent la meilleure configuration. La personne en place garde la proximité et la connaissance métier, le prestataire prend la supervision permanente, la sécurité et l'astreinte. Personne ne perd son poste, et les nuits sont couvertes.
- Que se passe-t-il en cas de changement d'avis dans deux ans ?
- Un contrat d'infogérance sérieux prévoit sa propre réversibilité : documentation à jour, comptes d'administration remis, inventaire du parc transmis. Ce point se demande à la signature, pas à la rupture. C'est le meilleur indicateur de la confiance qu'un prestataire a dans son propre travail.
- Un prestataire connaît-il aussi bien le métier qu'un salarié ?
- Non, et c'est la limite réelle du modèle. Un prestataire connaît mieux les technologies, un salarié connaît mieux les gens et les habitudes de la maison. C'est pour cette raison que les configurations mixtes fonctionnent bien, et qu'un prestataire sérieux documente les spécificités dès l'audit plutôt que de les découvrir au fil des incidents.